Giscard l'Homme blessé

Giscard l’homme blessé Ce film de montage d’actualités (pour visionner ce film sur le site de l'INA cliquer sur le lien au bas de cette page) cherche à expliquer l’échec de Valéry Giscard d’Estaing après un septennat de gouvernement et la blessure qu’il en a ressenti. Les évènements sont envisagés de manière chronologique. Le documentaire débute par sa campagne électorale de 1974 et se termine par sa défaite en 1981 et l’élection de François Mitterrand.

 Le président Giscard d’Estaing ambitionne de moderniser la société (c’est : « la société libérale
avancée ») en évitant les conflits. Il a comme modèle John Kennedy. Des réformes sociétales importantes sont réalisées : l’autorisation de l’IVG, l’abaissement à 18 ans de l’âge de la majorité. Il souhaite être proche des français : diner dans une famille française, invitation d’éboueurs à l’Elysée. La morgue de ce grand bourgeois n’a pas rendu possible cette transformation.

La radicalisation des positions politiques à travers la lutte des classes, les deux chocs pétroliers (la crise de 1973 et ses suites ; fin 1978, la révolution iranienne et le deuxième choc pétrolier) et les problèmes liés à la crise de la sidérurgie vont l’empêcher de mener à bien la modernisation de la France. C’est pour cette raison qu’il souhaite accomplir un second mandat afin d’achever la transformation de la société française. L’homme politique est blessé, pas d’avoir été battu, mais parce qu’il n’a pas pu mener ses réformes jusqu’au bout. L’affaire des diamants, juste avant l’élection présidentielle de 1981 va aussi jouer un rôle un important dans sa défaite électorale de 1981. Telle est la thèse du réalisateur.

Dans le film, face à Giscard, l’opposition n’existe pas. On entrevoit à peine François Mitterrand, seulement au moment de la campagne électorale de 1981. Tout se passe comme si le P.C.F. n’existait pas. Il en est de même des syndicats qu’ils soient d’ailleurs ouvriers ou patronaux. C’est d’autant plus étonnant que pendant la même période la crise de la sidérurgie frappe l’industrie française. Par contre le réalisateur s’appesantit sur les réformes symboliques du palais de l’Elysée. La politique étrangère est traitée seulement à travers les amitiés du président avec ses alter-égaux africains et surtout il est souligné sa passion pour la chasse. Chirac a démissionné de son poste de premier ministre car il aurait été vexé d’être invité à un repas à Brégançon en présence du moniteur de ski de Giscard. Tout cela pour dire que le réalisateur a une vision anecdotique de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.


Frédéric Brunnquell – France – 2011 – 90 mn 
Auteurs Frédéric Brunnquell et Franz-Oliver Giesbert 
Image Martin Blanchard 
Son Marc Soupa 
Montage Véronique Lagoarde-Ségot 
Production AMIP 

Pour visionner la bande-annonce du film cliquer sur le lien ci-dessous :


http://www.ina.fr/video/CPD12002562/giscard-l-homme-blesse.fr.html

1 commentaire:

  1. Je partage tout à fait votre avis sur ce film, auquel a collaboré le peu ragoûtant FOG. Il faudrait en faire un autre, qui montrerait plus clairement les arcanes et les ombres de l'après-gaullisme...

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